Think Tank Food&Planet, récap’ de la session Eau & Environnement

par | 10 Déc 2021 | Éthique & Environnement, Gestion des ressources fossiles | 0 commentaires

Ce mercredi 8 décembre se tenait sur Zoom une conférence organisée par le Think Tank Food&Planet sur la thématique Eau & Environnement. La problématique mise en avant par les organisateurs était plutôt alléchante : « Comment concilier qualité de l’eau, stress hydrique, préservation des ressources naturelles avec les enjeux de souveraineté alimentaire ? ». Était-ce le début […]

6 min de lecture

Ce mercredi 8 décembre se tenait sur Zoom une conférence organisée par le Think Tank Food&Planet sur la thématique Eau & Environnement. La problématique mise en avant par les organisateurs était plutôt alléchante : « Comment concilier qualité de l’eau, stress hydrique, préservation des ressources naturelles avec les enjeux de souveraineté alimentaire ? ». Était-ce le début d’une collaboration solide entre politiques et acteurs concernés, ou une occasion manquée de proposer des solutions concrètes ?

Qui se cache derrière le Think Tank Food&Planet ?

Food&Planet est un Think Tank, c’est-à-dire une association d’experts dans un domaine particulier ayant pour vocation de produire des études et des propositions à un problème relevant des politiques publiques. En bref : des décideurs et leaders d’opinion internationaux se réunissent afin de réfléchir à des problèmes qui nous concernent toutes et tous.

L’objectif affiché de Food&Planet est de « répondre aux grands enjeux de l’alimentation et de la durabilité » (sic). Il s’engage ainsi à anticiper les tendances et à répondre aux grands enjeux de la durabilité et de l’alimentation tout en renforçant les relations avec les autorités politiques. Promesse tenue ?

A l’initiative de ce Think Tank, il y a un organisateur : le Connecting Leaders Club. Groupe d’intérêts privés, il réunit des décideurs, des leaders d’opinion internationaux et des personnalités politiques de premier plan. Qu’on se comprenne bien : il ne s’agit pas de s’associer avec la France profonde, celle qui a les mains dans le cambouis et les pieds dans la boue. Ces échanges sont prévus pour partir des hautes sphères et y rester. D’ailleurs, le club le confesse : « un accès rapide aux leaders d’opinions et décideurs est la clé du succès de toute organisation« .

De ce point de vue, la promesse est tenue : politiques et industriels se sont effectivement réunis pour parler entre eux. Car sur l’heure et demie prévue, seulement 10 min étaient réservées à des échanges avec l’auditoire. Alors, pouvait-on craindre l’exercice de communication ?

Le programme de la conférence

Le déroulé de l’événement :

  • 17H05 – 17H10 : Mot d’accueil par Monsieur le Ministre Julien Denormandie
  • 17H10- 17H15 : Remerciements par Valérie Hoffenberg, Fondatrice du Think Tank Food&Planet et Stéphane Travert, Ancien Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation
  • 17H15 – 18H15 : Table Ronde
  • 18H15 – 18H25 : Session Questions/ Réponses
  • 18H25 – 18H35 : Présentation de startups

Les intervenants :

  • Julien Denormandie, Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation
  • Stéphane Travert, ancien Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation
  • Maximilien Pellegrini, DGA du groupe Suez en charge des activités en France
  • Elodie Ciulli, Senior Manager, Deloitte Sustainability France
  • Christophe Klotz, Directeur RSE chez Nestlé France, CSR and CSV director
  • Thierry Touchais, Directeur Europe du Sud de Rainforest Alliance
Think Tank Food&Planet - Partenaires

Les partenaires de l’évènement

Un décalage entre les intentions et les actes

Sur le papier, la vocation du Think Tank Food&Planet obéit à un programme assez enthousiasmant : « Réunir tous les acteurs de l’alimentation : agriculteurs, industries agroalimentaires, grande distribution, packaging et recyclage, syndicats, ONG et législateurs ». Dans les faits… point d’agriculteur ni de syndicat. A l’exception du Directeur de Rainforest Alliance (une ONG américaine œuvrant officiellement à la préservation de la biodiversité), cette table ronde ne regroupait que des hommes politiques et des grand groupes industriels et financiers. Pas un seul technicien, ni producteur n’était présent. Pas même un représentant de la FNSEA, la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles !

Ce désintérêt de la France laborieuse se retrouve dans le temps accordé à la session question/réponses avec l’auditoire : 10 minutes, top chrono ! Après avoir répondu à 3-4 questions, les intervenants sont rapidement passés à la présentation de deux start-ups de la Food Tech. Des jeunes qui innovent grâce aux nouvelles technologies, c’est quand même plus représentatif de la Start-Up Nation. Étonnement, ces deux jeunes entreprises ont elles-aussi eu la même punition : 10 minutes au total pour présenter leur activité. Peut-on y voir autre chose que du mépris à l’égard de ceux qui ne font pas partie de leur cercle « corporate haut de gamme » ?

Ce qu’il faut retenir de la conférence du Think Tank Food&Planet

Plusieurs idées ont été répétés au cours de cette conférence organisée par le Think Tank Food&Planet :
  • On sait que la question de l’eau est cruciale pour des raisons de souveraineté alimentaire, à cause du stress hydrique provoqué par le changement climatique ;
  • Nos industriels (qui ne nous veulent évidemment que du bien) savent ce qu’il faut faire, et travaillent déjà à des solutions innovations technologiques avec les agriculteurs ;
  • On a des startups (French Tech) innovantes qui vont provoquer la révolution technologique nécessaire au changement. Puisque l’industrie est une relique du passé, le turfu appartient aux start-ups.

Évidemment, ce qui est regrettable, c’est qu’à aucun moment les intervenants n’ont dressé le constat des causes pour y proposer des alternatives. C’est pourtant le point de départ d’une méthodologie saine. A aucun moment ils n’ont tenté de définir le périmètre des pratiques qui ont contribué au réchauffement climatique et au stress hydrique qui en est l’une des conséquences.

On a bien mentionné la polyculture-élevage et l’agriculture régénératrice, mais en coup de vent, sans creuser le sujet. Pourtant, 70% de l’eau consommée l’est dans le cadre de notre alimentation.  Non, ne changeons rien à nos usages : Business as usual, accompagné de l’éternelle fuite en avant technologique. Conservons notre foi aveugle en un progrès qui doit arriver – mais quand ? On ne sait pas, mais on y croit.

La palme du discours creux (et culpabilisant) est attribuée au DGA France du groupe Suez. En conclusion de la table ronde, ce dernier insiste sur l’éducation des citoyens à économiser l’eau. C’est à nous, citoyens consommateurs, d’investir dans le recyclage des eaux usées ! Entre rire et pleurer, mon cœur balance.

En conclusion

La présence d’experts et de techniciens auraient pu enrichir le débat, mais nous n’avons eu droit qu’à des discours bien policés, rédigés dans des bureaux cosy. Ces initiatives menées par le Think Tank Food&Planet pourraient pourtant être formidables et fertiles ! Malheureusement, elles fonctionnent en circuit clos, imperméables à la majorité qui travaille et consomme. Puisqu’on ne peut compter que sur soi, c’est le moment idéal pour découvrir comment utiliser les déchets alimentaires et recycler 😉

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