La viande de synthèse : l’avenir de l’alimentation ?

par | 1 Juil 2022 | Bien-être animal, Éthique & Environnement, Etudes & Informations, Nutrition | 0 commentaires

L’intérêt pour les aliments d’origine non animale est une préoccupation croissante dans la population générale. Les gens sont plus soucieux et conscients de l’environnement, du bien-être des animaux et de leur santé. La viande de synthèse est l’une des nouvelles solutions qui peuvent être une idée révolutionnaire pour les personnes qui aiment la viande mais […]

10 min de lecture

L’intérêt pour les aliments d’origine non animale est une préoccupation croissante dans la population générale. Les gens sont plus soucieux et conscients de l’environnement, du bien-être des animaux et de leur santé. La viande de synthèse est l’une des nouvelles solutions qui peuvent être une idée révolutionnaire pour les personnes qui aiment la viande mais qui aiment aussi les animaux en restant entre leurs habitudes, leur culture, leurs inquiétudes par rapport à leur santé et les aspects éthiques.

 

 

Selon l’étude menée par l’IFOP, si peu de Français adoptent le régime végétarien, c’est principalement en raison de leur attachement à la viande. La population justifie son non-végétarisme par le fait qu’elle aime trop la viande pour s’en passer. Une autre raison est que la population pensent que la viande et les autres sources animales sont indispensables à leur santé (1).

 

Et si je te disais qu’il existe une alternative ne nuit aux animaux ? De la viande de synthèse qui a le goût, la texture et la sensation de la viande ? De plus, que ce produit présente les mêmes (voire meilleures) qualités nutritionnelles, serais-tu prêt(e) à l’essayer ? Si tu es intéressé(e), cet article est pour toi ! 

 

Population croissante et facteurs environnementaux 

​​La population mondiale devrait atteindre 9,5 milliards d’habitants en 2050 (2). Selon une analyse menée par Fiala (3) la quantité totale de viande consommée dans le monde en 2030 sera 72 % plus élevée que celle consommée en 2000 si l’on suit les modèles de consommation actuels.

L’augmentation de la demande de protéines, principalement d’origine animale, risque d’avoir un impact négatif sur l’environnement en provoquant des émissions de gaz à effet de serre et en nécessitant encore plus de consommation d’eau et d’exploitation des terrains pour leur production (4). 

  • 26 % des sols sont utilisés pour le pâturage du bétail. 
  • 33 % des terres agricoles sont utilisées pour la production d’aliments pour animaux. 
  • Les chaînes d’approvisionnement en bétail sont responsables d’émissions représentant 14,5 % de toutes les émissions anthropiques de gaz à effet de serre. 
  • Les animaux d’élevage sont responsables d’environ 65 % de ces émissions (5, 6).

 

Pour faire face à ces problèmes critiques, une production encore plus durable est nécessaire, en utilisant les sources de protéines existantes ainsi que des alternatives supplémentaires.

 

Alors, qu’est-ce que la viande de synthèse? 

Aujourd’hui, la viande de synthèse correspond à la viande produite par un nouveau procédé. On la prépare à partir des cellules souches de la véritable viande d’animaux vivants. Les autres noms couramment utilisés sont la viande in vitro, viande de culture, viande cultivée en laboratoire, viande artificielle. 

la viande de synthèse

Crédit photo : Drew Hays sur Pexels.com

 

Les scientifiques sélectionnent les cellules souches en fonction de leur taux de reproduction. Puis, on les met dans un sérum dans lequel elles commencent à se multiplier. Quelques mois suffisent pour produire une viande comestible. Le processus est beaucoup plus rapide que la production traditionnelle de viande, qui nécessite souvent plus d’un an. Dans des conditions idéales, deux mois de production de viande in vitro à partir de quelques cellules musculaires d’un porc pourraient permettre de produire des milliers de tonnes de viande de porc (7).

 

Challenges 

Si leur usage se répand comme prévu, le futur succès de la consommation de la viande de synthèse dépendra largement de son acceptation par les consommateurs (8, 9).

Dans la partie suivante, nous examinerons plusieurs défis; son prix, le caractère « non-naturel » du produit, le scepticisme concernant le goût et les inquiétudes relatives à la sécurité et la santé. 

 

Prix de la viande de synthèse 

La technique de croissance in vitro des tissus musculaires est déjà possible depuis plus de 100 ans. Mais ce n’est qu’en 2013 qu’une équipe scientifique de l’Université de Maastricht a présenté le premier hamburger de viande cultivée en laboratoire et produite par des cellules souches bovines. Ce hamburger original a coûté plus de 300 000 dollars à produire, mais le même groupe, deux ans plus tard, a déjà pu réduire le coût à 11,36 dollars (10).

Un autre élément coûteux dans les processus de production était l’utilisation de sérum bovin fœtal. C’est un sous-produit animal offrant des conditions optimales de croissance. Trouver une alternative était l’un des principaux sujets de recherche jusqu’au début de cette année. 

En février 2022, Messmer et al. (11) ont publié une étude scientifique sur leur alternative au sérum bovin fœtal, qui met fin à ce problème. De plus, maintenant que le sérum fœtal de bovin est éliminé, les végétariens pourraient, d’un point de vue éthique, manger cette viande s’ils en ont l’appétit.

 

Aspects sanitaires et nutritionnels de la viande de synthèse

L’une des idées est d’offrir aux consommateurs un produit alimentaire qui n’est pas de la viande traditionnelle mais qui a une valeur nutritionnelle et un goût similaire. 

La viande est particulièrement riche en acides gras oméga-3, en vitamine B12 et en fer à forte biodisponibilité (12). Cependant, les avantages de la viande pour la santé sont contrariés par son association avec les maladies chroniques (13). Sachant que ces dernières sont le résultat d’une surconsommation et d’une teneur élevée en graisses saturées, et non du tissu musculaire.

 

Voilà quelques avantages de la viande synthétique (14,15) :

  • Les conditions contrôlées de la production en laboratoire sont impossibles à réaliser par les méthodes d’élevage traditionnelles et permettent donc d’obtenir un produit plus sûr et plus sain.

 

  • Les antibiotiques sont largement utilisés dans le bétail pour prévenir les maladies, ce qui expose les humains à un risque plus élevé d’infection par des microorganismes résistants aux antibiotiques (14).

 

  • La mise en culture empêche la propagation des maladies d’origine animale, ce qui pourrait entraîner une diminution des zoonoses et des épidémies liées à l’alimentation. 

 

  • L’utilisation d’une technique stérile tout au long du processus de culture garantit que le produit fini est protégé de toute contamination. 

 

  • Les conditions contrôlées permettent également de créer des produits alimentaires avec des profils nutritionnels, de texture et de goût différents. 

 

  • Un système de production de la viande de synthèse consiste à cultiver des tissus musculaires dans un milieu liquide, ce qui permet d’éviter les procédures d’élevage et d’abattage.

 

viande de synthétique

Crédit photo : DCStudio sur Freepik.com

 

Si la technologie se développe bien, des politiques telles que la politique agricole commune seraient directement affectées, nécessitant un soutien aux agriculteurs dans leur transition vers l’élevage. Pour fournir de la viande dans le monde entier, la production industrielle moderne de viande est devenue un complexe réseau d’échanges où se mêlent la production d’aliments pour animaux, l’élevage, la transformation et la consommation (16). Ces systèmes en chaîne permettent également aux grandes entreprises de faire des profits énormes.

D’un autre côté; la production de viande artificielle permettrait également d’améliorer le bien-être des animaux. La nécessité d’élever moins d’animaux, mais en très bonne santé, pour fournir des cellules souches de haute qualité, conduirait les agriculteurs à garantir de meilleures conditions de vie à leur bétail. C’est-à-dire de plus grands espaces, de l’air frais, une alimentation naturelle. Ces différentes implications sont encore très discutables mais elles répondent parfaitement aux attentes de la société actuelle (8).

Compte tenu des avantages de la production de viande synthétique, un certain nombre de parties ont proposé la méthodologie permettant d’actualiser cette idée et les investissements sont de plus en plus importants. Des personnalités publiques, comme Bill Gates, ont déjà apporté leur soutien (17, 18, 19, 20).

Pour finir, je peux dire que les solutions aux problèmes d’aujourd’hui ne consistent pas seulement à produire davantage de nourriture, mais aussi à modifier les systèmes d’approvisionnement, de disponibilité et de financement, de sorte que non seulement davantage de nourriture mais aussi une meilleure nourriture parvienne aux personnes qui en ont besoin.

Où peut-on trouver la viande de synthèse ?

En Europe, la commercialisation de ce produit est encadrée par la législation « Novelfood ». La viande de synthèse est en effet considérée comme un nouvel aliment. Les produits sont disponibles en France mais ne sont pas encore dans les rayons des GMS.

 

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Le bien-être animal et la santé sont des thématiques qui t’intéressent ? Pourquoi ne pas jeter un œil à notre article sur « Comment remplacer la viande quand on est végétarien ? »

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Crédit photo de couverture : Tara Winstead provenant de Pexels

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Sources :
  1. Végétariens et flexitariens en France : Une enquête référente réalisée auprès de 15 000 Français ! (s. d.). IFOP. Consulté 29 juin 2022, à l’adresse https://www.ifop.com/publication/vegetariens-et-flexitariens-en-france-une-enquete-referente-realisee-aupres-de-15-000-francais/
  2. UN, 2019, World population prospects 2019: Highlights, ST/ESA/SER.A/423, United Nations Department of Economic and Social Affairs, accessed 27 February 2020.
  3. Fiala, N. (2008). Meeting the demand: An estimation of potential future greenhouse gas emissions from meat production. Ecological Economics. doi:10.1016/j.ecolecon. 2007.12.021
  4. Westhoek H, Rood T, Van Den Berg M, Jansej Nijdam D, Reudink M, et al. (2011) Foof and Agricultural Organization of the united states.
  5. FAO, 2018a, World livestock: Transforming the livestock sector through the Sustainable Development Goals. Food and Agriculture Organization of the United Nations, accessed 8 July 2019. 
  6. FAO, 2018b, Tackling climate change through livestock: A global assessment of emissions and mitigation opportunities. Food and Agriculture Organization of the United Nations, accessed 8 July 2019. Forbes, 2019, The cultural impact of cultured meat’, accessed 27 July 2019.
  7. European Environment Agency’s home page—Artificial meat and the environment. (s. d.). [Folder]. Consulté 29 juin 2022, à l’adresse https://www.eea.europa.eu/
  8. Hocquette, J. F., 2016, ‘Isin vitromeat the solution for the future?, Meat Science120, pp. 167-176. 
  9. Johnson, W., et al., 2018, ‘Burgers grown in a lab are heading to your plate. Will you bite?’, Washington Post, 9 September 2018, accessed 15 January 2019.
  10. Woll S, Böhm I (2018) In-vitro-meat: a solution for problems of meat production and consumption? Ernahrungs Umschau 65(1): 12-21.
  11. Messmer, T., Klevernic, I., Furquim, C., Ovchinnikova, E., Dogan, A., Cruz, H., Post, M. J., & Flack, J. E. (2022). A serum-free media formulation for cultured meat production supports bovine satellite cell differentiation in the absence of serum starvation. Nature Food, 3(1), 74‑85. https://doi.org/10.1038/s43016-021-00419-1
  12. Bender, A. (1992).Meat and meat products in human nutrition in developing countries. Food and Agriculture Organization of the United Nations (FAO) Food and Nutrition Papers, vol. 53.
  13. Demeyer, D., Honikel, K., & De Smet, S. (2008). The World Cancer Research Fund report 2007: A challenge for the meat processing industry. Meat Science, 80(4), 953−959.
  14. Sachan, D., 2016, ‘Could artificial meat save the planet?’, Chemistry World, accessed 15 January 2019.
  15. Datar, I., & Betti, M. (2010). Possibilities for an in vitro meat production system. Innovative Food Science & Emerging Technologies, 11(1), 13‑22. https://doi.org/10.1016/j.ifset.2009.10.007
  16. Burke, M., Oleson, K., McCullough, E., & Gaskell, J. (2009). A global model tracking water, nitrogen, and land inputs and virtual transfers from industrialized meat production and trade. Environmental Modeling and Assessment, 14(2), 179−193.
  17. Vein, J. (2004). Method for producing tissue engineered meat for consumption. US Pat. No. 6,835,390
  18. Van Eelen, W.F., van Kooten, W.J., Westerhof, W. (1999). WO/1999/031223: Industrial production of meat from in vitro cell cultures. Patent Description bhttp://www. wipo.int/pctdb/en/wo.jsp?wo=1999031223N Accessed Mar. 2009.
  19. Edelman, P. D., McFarland, D. C., Mironov, V. A., & Matheny, J. G. (2005). In vitrocultured meat production. Tissue Engineering, 11(5), 659−662.
  20. Bill Gates Wants Rich Countries To Move To 100% Synthetic Beef, But Here’s The Opportunity Behind This Trend. (s. d.). Consulté 30 juin 2022, à l’adresse https://www.forbes.com/sites/stephenmcbride1/2021/03/22/bill-gates-wants-rich-countries-to-move-to-100-synthetic-beef-but-heres-the-opportunity-behind-this-trend/?sh=6ea600346899
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